du Palais Bourbon et de l'Hôtel de Lassay

La demeure princière
Le Palais Bourbon et l'Hôtel de Lassay furent édifiés
de 1722 à 1728 pour Louise-Françoise de Bourbon, fille
légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan et épouse
du petit-fils du Grand Condé, sur des terrains que lui aurait
conseillé d'acheter son « ami » Armand de Madaillan de Lesparre,
marquis de Lassay.
De la Révolution à l'Empire
Confisqué comme bien d'émigré et déclaré
propriété de la Nation en 1791, le palais « ci-devant
Bourbon » allait être affecté à divers services
de l'administration militaire, puis à la commission des Travaux
publics et à l'Ecole centrale des travaux publics, future École
polytechnique.
La Constitution de l'an III instituait le bicamérisme. Un décret
de la Convention du 18 septembre 1795 affectait le Palais-Bourbon au
Conseil des Cinq-Cents.
Les architectes Jacques-Pierre Gisors et Emmanuel-Chérubin Leconte
aménagèrent une salle des séances en forme d'hémicycle
que le Conseil des Cinq-Cents inaugura le 21 janvier 1798. Le bureau
du Président et la tribune de l'orateur datent de cette époque.
Pour masquer le détestable effet que produisait le comble de
la salle des séances au-dessus d'un palais du XVIIIe siècle,
les questeurs firent présenter à l'Empereur en 1806 un
projet de façade du côté du pont de la Concorde,
conçu par Bernard Poyet.
De la Restauration
à la Deuxième République
Avec la Restauration, le prince de Condé voulut récupérer
son bien. Ce fut facile pour l'Hôtel de Lassay qui avait conservé
un usage d'habitation ; ce fut impossible pour le Palais-Bourbon qui
restait « provisoirement affecté à la Chambre des députés ».
Le prince dut se résigner à le louer à la Chambre
par un bail de trois ans, passé le 16 avril 1816, pour 142.000
francs.
Après sa mort en 1818, son fils, Louis-Joseph-Henri, duc de Bourbon,
estimant que le « provisoire » avait assez duré, refusa de reconduire
le bail. A la suite de longues et difficiles discussions, il consentit
à vendre à l'Etat la partie occupée par la Chambre
au prix de 5 250 000 francs par contrat passé le 22 juillet 1827.
Dès 1824, la salle des séances était dans un état
alarmant. En 1826, elle menaçait ruine. L'année suivante,
Jules de Joly présenta son plan : reconstruction de la salle
des séances, aménagement de trois salons pris sur la cour
d'honneur et installation d'une grande
bibliothèque dont la décoration
fut confiée à Delacroix. Les députés prirent
possession du nouvel hémicycle le 22 novembre 1832 et l'occupent
encore aujourd'hui presque dans le même état.
Quelques modifications furent apportées à la grande façade
: le sculpteur Corrot a représenté au fronton La France
sur son trône, entre la Force et la Justice appelant à
elles toutes les élites pour concourir à la confection
des lois : deux bas-reliefs furent sculptés, l'un représentant
Les arts par Pradier, l'autre L'instruction publique par Rude.
Après la mort du duc de Bourbon, l'Hôtel de Lassay fut
acheté le 14 avril 1843. La même année, Jules de
Joly entreprit des travaux d'aménagement qui consistaient à
l'exhausser d'un étage pour y installer les appartements privés
du Président et construire une véritable galerie de communication
avec le Palais-Bourbon.
De la Troisième République à nos jours
Pendant la guerre de 1870, l'Assemblée
quitta Paris pour aller provisoirement à
Bordeaux, avant de s'installer
à
Versailles. Ce n'est qu'en 1879 qu'elle reprit possession du
Palais-Bourbon. Pendant l'Occupation, le palais fut réquisitionné
par divers services de l'administration nazie et le 25 août 1944,
alors que la division Leclerc assiégeait le palais, un incendie
éclata dans les réserves de la bibliothèque et
détruisit 25 000 volumes.
Vous pouvez télécharger la bande son de l'audioguide de l'Assemblée nationale en cliquant ici.

Les fresques de la rotonde, point de
contact entre le Palais-Bourbon, la Galerie des fêtes et l'Hôtel
de Lassay, ont été exécutées par Pierre
Alechinsky en 1992, à la demande du Président de l'Assemblée.
Elles s'articulent autour du thème défini par l'inscription
du poète Jean Tardieu : « les hommes cherchent la lumière
dans un jardin fragile où frissonnent les couleurs. »

A l'origine, le Palais-Bourbon et l'Hôtel
de Lassay sont séparés par une prairie ; dès 1799,
une modeste galerie en bois réunit les deux édifices.
En 1845, l'architecte Jules de Joly entreprend la construction de la
Galerie des Fêtes, habile transition entre les XVIIIe
et XIXe siècles, entre Présidence et Assemblée.
Cinq larges fenêtres ouvrent sur le jardin de la Présidence
à droite ; à gauche, par autant de baies, la salle communique
avec la Galerie des Tapisseries, ajoutée en 1860 par le duc de
Morny. Avec ses peintures de François-Joseph Heim, ses tentures
rouges et ses ors, elle mérite bien d'accueillir depuis des décennies
les invités illustres de l'Assemblée.
GALERIE MORNY DITE GALERIE DES TAPISSERIES

« Beaucoup d'amateurs possèdent des tableaux, quelques-uns ont un cabinet, bien peu une galerie [...] La galerie, c'est le musée au petit pied d'un amateur de qualité. M. le duc de Morny a une galerie. Cette galerie, dont l'inauguration fut marquée par un bal somptueux en mai 1861, renfermait une cinquantaine de tableaux des plus grands maîtres des écoles flamande, italienne, espagnole et française, mais aussi des sculptures et de précieux objets d'art. La vente publique, après la mort de Morny, représenta plusieurs millions de francs. Les toiles furent remplacées grâce aux réserves du musée du Luxembourg. Après le retour des chambres à Paris en 1879, on y accrocha six tapisseries de la manufacture de Beauvais et trois des Gobelins.

Louise-Françoise, « légitimée
de France », fille de Louis XIV et de Mme de Montespan, avait épousé
Louis, Duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé. Veuve à
trente-sept ans, elle se lia à Armand de Madaillan de Lesparre,
Marquis de Lassay. Le Marquis de Lassay avait acquis une portion de
terrain sur la rive gauche en 1719 et persuada la Duchesse de Bourbon
d'y faire construire un palais dans le goût du Grand Trianon ;
il avait posé une simple condition : « je demanderai
aux architectes quelques moments perdus pour élever furtivement
auprès du Palais-Bourbon, un hôtel petit, simple, modeste
dont le mérite sera pourtant de rappeler, comme le strass donne
l'idée du véritable diamant, le séjour de ma princesse ».
Les travaux commencèrent en 1722. Lassay avait choisi l'architecte
Giardini ; mort la même année, il fut remplacé
par Cailleteau, dit Lassurance, qui devait décéder deux
ans plus tard. Jean Aubert pris la succession. La construction était
terminée en 1728.
A la différence du Palais-Bourbon, l'Hôtel de Lassay ne
comprenait qu'un seul corps, sans ailes ; il était précédé,
non pas d'une cour d'honneur, mais d'une longue avenue, plantée
de marronniers et bordée de bâtiments -à droite,
cuisines et communes, à gauche, écuries et remises- et
se terminant par une simple cour.
On entrait dans l'Hôtel par un vestibule qui s'ouvrait sur un
grand salon donnant sur la terrasse du côté de la Seine.
A droite et à gauche, les appartements étaient composés
de quatre chambres principales, avec antichambres et cabinets particuliers.
Le joyau était la grande galerie qui occupait toute la profondeur,
c'est-à-dire onze mètres, et dans laquelle Lassay exposait
sa précieuse collection de toiles des écoles Flamande,
italienne et espagnole.
A la mort du Marquis en 1738, son fils -qui aurait été
aussi l'amant de la Duchesse !- hérita de l'Hôtel.
Sa veuve, qui ne l'habitait pas, le donna à son petit neveu,
Louis-Léon de Brancas, comte de Lauraguais, auquel le Prince
de Condé, qui occupait le Palais de sa grand-mère, la
racheta pour en faire son « château ». Il y fit exécuter
d'importants travaux de décoration intérieure, notamment
dans la grande galerie qu'il consacra à la gloire du Grand Condé.
Bien qu'il ait émigré dès le 18 juillet 1789, Condé
faisait encore procéder à des travaux en 1790.
Tous ses biens furent confisqués en 1791 et l'Hôtel de
Lassay fut affecté, en 1794, à l'Ecole centrale des travaux
publics, future Ecole polytechnique. La grande galerie fut transformée
en amphithéâtre et plus salons en salle de classe.
Condé récupéra l'Hôtel à son retour
d'émigration et le loua à la représentation nationale.
Celle-ci put l'acquérir en 1843, le Conseil de tutelle du Duc
d'Aumale ayant décidé de le vendre. L'Hôtel de Lassay,
après d'importants travaux et notamment l'exhaussement d'un étage
devient alors la résidence du Président de l'Assemblée
nationale.

Sous l'Ancien régime, comme
sous la Restauration, ce salon a toujours été un cabinet
de travail. Aujourd'hui, il est ainsi désigné parce que
le Président part de là pour se rendre dans l'hémicycle.
Il examine auparavant les principaux points inscrits à l'ordre
du jour. Au moyen de la sonnerie placée sur le bureau, l'ouverture
imminente de la séance est annoncée dans l'enceinte du
palais
Le président sort dans la grande galerie, précédé
de deux huissiers, suivi du secrétaire général
de l'Assemblée, et est accueilli à la rotonde par le commandant
du détachement de la garde républicaine qui lui rend les
honneurs. Heim a peint dans les dessus de porte La médiation,
L'éloquence, La politique. La tapisserie des Gobelins, tissée
dans l'atelier d'Audran à la fin du XVIIIe siècle,
représente L'école d'Athènes d'après
la peinture de Raphaël
La République d'Aubé faisait partie d'un projet de
monument qui devait être érigé à la gloire
de l'Assemblée nationale constituante à Versailles pour
le premier centenaire de la révolution française. Sur
le piédestal de la colonne devait figurer la sculpture de Dalou
représentant la séance du 23 juin 1789.
Le bureau qui porte la marque du mobilier du château de Versailles,
avait été réquisitionné en 1794 pour le
Comité de salut public. Les sièges de Grohé et
le candélabre de Crozatier datent du milieu du XIXe
siècle. Le tapis d'époque Louis XIV, fait partie d'une
série de 93 exécutés par la manufacture de la Savonnerie
pour la grande galerie du Louvre.

Situé à l'emplacement
d'une chambre à coucher au XVIIIe siècle, puis
d'une salle de billard sous la Restauration, ce salon doit son nom aux
dessus de porte peints par Heim et représentant Le feu, L'eau,
L'air et les sciences, La terre et les arts du feu. Les meubles
de Grohé et la cheminée de Seguin sont du XIXe
siècle.
Le groupe des Trois grâces, fondu par Barbedienne, est
une reproduction d'une partie du monument funéraire d'Henri II
par Germain Pilon

Jules de Joly n'a pas modifié
les proportions de cette pièce qui, sous l'Ancien régime
et sous la Restauration, fut toujours le Grand salon. Les dessus de
porte de Heim évoquent Le concert, Le concert champêtre,
La lecture, La danse et une allégorie de la Paix
Comme dans les précédents, les meubles de Grohé,
la cheminée de Seguin, les candélabres et la pendule,
non signés, sont du XIXe siècle.

Le thème des dessus de porte de Heim a donné son nom à ce salon dont le mobilier et les sculptures sont du XIXe siècle.

Ce salon occupe une partie de
la fameuse galerie dans laquelle le marquis de Lassay avait exposé
sa collection de tableaux des écoles flamandes, italienne et
espagnol.
Au XVIIIe siècle, le prince l'avait consacrée
à la gloire du Grand Condé et décorée de
quatre tableaux représentants les batailles de Rocroi et de Nordlingen,
par Le Paon, de Fribourg et de Lens, par Casanova. Il doit aujourd'hui
son nom aux dessus de porte de Heim dans lesquels sont représentés
Le jeu de boules, La main chaude, L'escarpolette, Le saut de mouton,
Colin-maillard, Le volant.
Dans ce salon, tous les mardis, se réunit la Conférence
des présidents, composée du Président, des vice-présidents,
des présidents de commission permanente, des présidents
de groupe et du ministre chargé des relations avec le Parlement,
afin d'établir l'ordre du jour de l'Assemblée pour la
semaine en cours et les deux suivantes.

Depuis l'origine jusqu'à nos jours, l'hôtel de Lassay a conservé son entrée par le vestibule central précédé d'un large perron et emmarchement, autrefois sur plan circulaire. Le décor actuel résulte d'une écriture, par le sculpteur Guibert en 1770, de trophées en bas-reliefs dans les partitions architecturales conservées d'arcature entre pilastres et niches d'imposte. Le vestibule est la seule pièce qui n'ait pas été remaniée dans son volume par les grands travaux du XIXe siècle.
SALLE À MANGER

Au début du XVIIIe
siècle, l'actuelle grande salle à manger était
divisée en deux pièces égales : une chambre
vers l'Est et une antichambre ouvrant sur le vestibule.
En 1772 , Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, fait
supprimer le cloisonnement entre ces deux pièces pour y aménager
la salle à manger, éclairée par deux baies centrales,
sur un plan ovale ménageant une coursive au nord. Le « ciel »
du plafond en décaissé est dû au peintre Deruelle.
Des éléments de décor du XVIIIe siècle
ont été conservés, complétés ou copiés :
bustes de femme en gaine portant girandole, dessus de porte.
SALLE DES PAS PERDUS (ou salon de la paix)

Les deux bronzes (Paetus et Arria, et Laocoon) qui ornent la salle proviennent du château de Marly. A l'ouverture de la première séance de l'après-midi, pour se rendre dans l'hémicycle, le Président de l'Assemblée traverse le salon de la Paix, au son des tambours, entre une double haie de gardes républicains et en présence du public qui montera ensuite dans les tribunes de l'hémicycle assister à la séance publique. Ce lieu a conservé l'aspect qui était le sien à l'époque de Louis-Philippe. Le motif central du plafond, œuvre d'Horace Vernet, symbolise la Paix ; les deux sujets à gauche et à droite représentent les génies de la vapeur sur terre et sur mer. Cette salle est l'une des plus empruntées du Palais, les journalistes peuvent y circuler et rencontrer les parlementaires.
Horace Vernet et les peintures de la salle des Pas Perdus

Au tiers du XIXe siècle, le Palais-Bourbon est en grand
chantier : l'ancien hémicycle des architectes Gisors et Leconte,
remanié par Poyet, a été démoli en 1829.
Le roi Louis-Philippe a prêté serment, en 1830, dans une
salle provisoire, cependant que l'architecte Jules de Joly entreprend
la construction d'une nouvelle salle des Séances, des salons
attenants et de la bibliothèque.
L'accueil enthousiaste fait aux décors peints par Eugène
Delacroix dans le salon du Roi encourage l'État à poursuivre
une politique de commande aux artistes les plus reconnus du temps.
Peintre quasi officiel de Louis-Philippe (en 1827, il a déjà
réalisé pour le Louvre une composition murale), Horace
Vernet est en 1838 chargé de la décoration peinte du plafond
de la salle des pas perdus, tandis que sont attribuées à
François-Joseph Heim celle de la salle des Conférences,
à Abel de Pujol celle de la salle de la Distribution, et à
Delacroix celle de la grandiose bibliothèque. Les voussures de
la salle des pas perdus sont réalisées en partie avec
l'aide d'un élève. Partageant son temps entre cette oeuvre
et les grandes commandes du Roi pour la suite des « Batailles » au Château
de Versailles, Horace Vernet n'achèvera les travaux qu'en janvier
1847. Les critiques ne seront pas enthousiastes, reprochant au peintre
« le désagréable accouplement de certaines allégories
mythologiques avec ce que la science et l'industrie modernes ont de
plus matériel et de plus tangible ». Laissons le peintre se défendre
lui-même : « Depuis longtemps, je fais de vains efforts pour accoutumer
les yeux à une innovation qui ramènerait la vérité,
et qui, sans changer la poésie de l'Ecriture, lui apporterait
au contraire des ressources nouvelles (...) Suis-je ou non dans le vrai
? A cet égard, ma conviction est entière, et je suis persuadé
que plus on examinera les motifs de ma croyance, plus elle fera de prosélytes ».
La restauration des toiles et peintures murales d'Horace Vernet a été
l'une des priorités du programme décennal adopté
par l'Assemblée nationale en 1996 pour sauvegarder le patrimoine
national.

Cette salle doit son nom à son architecture caractéristique. Les parlementaires la traversent pour aller des salles de réunion vers l'hémicycle, à l'est, empruntant le couloir de liaison jouxtant la cour d'honneur et conduisant à la bibliothèque. Dans une niche a été placée une statue en marbre de la République sculptée par Armand Martial en hommage aux morts de 1939. Précédemment la place était occupée par une statue de Montesquieu désormais placée dans le jardin des Quatre Colonnes. Au mur, en face de la République, une table de marbre porte les noms des députés morts pour la France pendant la guerre de 1914-18. L'ensemble, dont la partie supérieure est ornée du coq gaulois et le centre d'une main de justice, surmontant le faisceau de lances, sur lequel s'accrochent une épée et des guirlandes de feuilles de chêne, est dû à Constant-Ambroise Roux. Dans chacun des angles de la salle se trouvent des statues de Brutus, Solon, Lycurgue et Caton d'Utique. Ces statues ornaient, avec deux autres placées dans le vestibule de la bibliothèque mais détruite dans un incendie en 1961, la salle du Conseil des Cinq-cents avant la reconstruction de la salle des séances. Comme la salle des Pas Perdus, la salle des Quatre Colonnes est un lieu de rencontre entre journalistes et députés et la coutume veut qu'une entrevue entre un homme politique et un journaliste ne soit jamais interrompue par un tiers. De part et d'autre du passage vers l'hémicycle, on peut voir, à droite, le buste d'Albert de Mun et à gauche, celui de Jean Jaurès. Dans le jardin qui conduit à l'Hôtel de Lassay, on aperçoit la statue de Charles de Montesquieu.
SALON DELACROIX (ou salon du ROI)

Le peintre Eugène Delacroix fut choisi en 1834 par Adolphe Thiers,
alors ministre de l'intérieur, pour décorer ce lieu conçu
par Jules de Joly, architecte de la Chambre des députés.
Ce choix suscita quelques remous mais très rapidement, on assistait
au retournement de l'opinion, séduite par cette réalisation
remarquable. On peut voir au plafond et sur la frise voisine la représentation
des thèmes de la Justice, de la Guerre, de l'Industrie et de
l'Agriculture.
Sur les pilastres sont personnifiés les mers et les fleuves de
France : l'Océan, la Méditerranée, la Seine, le
Rhône, la Garonne, la Saône, la Loire et le Rhin. Autrefois,
le Roi Louis-Philippe venait officiellement ouvrir les sessions de l'Assemblée
dans ce salon et siégeait sur un trône installé
dans la niche en arrondi, usage auquel la République a évidemment
mis fin. Aujourd'hui, en raison de sa situation par rapport à
l'hémicycle, le salon Delacroix est emprunté par les députés
siégeant à gauche.
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Les éléments de bronze,
qui la décorent, ont donné son nom à la porte monumentale
de ce salon : la porte de bronze. Ce métal sacré,
symbole d'invulnérabilité et d'immortalité, dont
la résonance amplifie vers l'extérieur les paroles qui
lui parviennent, magnifie, comme dans l'Antiquité, l'entrée
du vestibule du temple des lois, par laquelle arrivent aujourd'hui les
ministres.
Au-dessus de cette porte et en face, les tympans, sculptés par Triquetti,
inscrits chacun dans un fronton semi-circulaire entouré d'une guirlande
de feuilles d'acanthe et de feuillages, figurent la Loi vengeresse et la Loi protectrice.
Au fond, le bas-relief du sculpteur Dalou représente la fameuse
séance du 23 juin 1789 au cours de laquelle Mirabeau lança
la célèbre apostrophe : « Nous sommes ici par la volonté
du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ».
Fondu en bronze d'un seul jet par Gonon pour commémorer le centième
anniversaire de la Révolution, il pèse 3 tonnes 7, mesure
6 mètres 50 sur 2 mètres 30 et comporte 67 figures dont
50 en haut relief. Les niches abritent les statues de Mirabeau, de Bailly,
de Portalis, de Tronchet, du général Foy et de Casimir Perier.
![]() Mirabeau |
![]() Bailly |
![]() Portalis |
![]() Tronchet |
![]() Le général Foy |
![]() Casimir Perier |
La Cour d'Honneur de l'Assemblée
nationale, mise à part ses proportions, n'a plus grand chose
à voir avec celle du Palais de la Duchesse de Bourbon.
Les bâtiments qui l'entourent, remaniés en 1830 par Jules
de Joly dans l'esprit néoclassique, censé symboliser l'idéal
de justice et d'équilibre venant présider aux travaux
de l'Assemblée, furent ensuite surélevés d'un étage.
Sphère commémorant la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

La sphère monolithe de
granit noir des droits de l'homme, oeuvre de Walter de Maria, placée
en 1989 en haut des rampes du fer à cheval, commémore
le bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen.
Inaugurée le 11 décembre 1990, cette sculpture répond
à l'esprit de 1789 qui prônait « les formes pures au service
de la Patrie ».
Des parterres de verdures ont heureusement remplacé les voitures
qui y stationnaient et qui disposent maintenant de trois sous-sols de
parking sous la Cour d'Honneur .

Ce salon, symétrique du salon Delacroix, est l'œuvre d'Abel de Pujol qui l'a décoré en trompe-l'œil. Les peintures traitées en grisaille représentent les capitulaires de Charlemagne, la loi salique et la charte de 1830. En raison de sa situation par rapport à l'hémicycle, les députés siégeant à droite ont coutume de s'y rencontrer. Autour des quatre tables rondes - comme autour de celles du salon Delacroix - au cours de chaque suspension de séance, les députés se regroupent, rencontrent leurs secrétariats, les membres des cabinets des ministres. C'est le moment des ultimes négociations, de la mise au point des derniers amendements et de la version définitive des textes qui seront soumis à l'Assemblée.
CORRIDOR PUJOL
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Le passage entre le salon Pujol et le vestibule de la Bibliothèque a été réaménagé. Au mur un tableau signé d'Olivier Debré intitulé « Les Tilleuls ».
VESTIBULE DE LA BIBLIOTHÈQUE

Cette grande pièce, symétrique à la Salle des Quatre-colonnes, était autrefois un vestibule du Palais du prince de Condé. Elle a servi tout au long de l'histoire à différents usages et a reçu de ce fait de nombreuses décorations et plusieurs appellations successives (vestiaires des députés, salle des Distributions, Salle des Drapeaux, Salon Mazeppa). Actuellement ses vitrines présentent deux intéressantes collections : les bustes de Daumier et les bustes de Marianne. Deux œuvres complètent sa décoration : un tableau de René Rousseau-Decelle (1881-1964) intitulé « Une séance à la chambre (ou Jaurès à la tribune) » et un tableau de Charles Louis Lucien Muller (seconde moitié du XIXe siècle) représentant « Lanjuinais à la tribune de la Convention, agressé par les Montagnards et défendu par les Girondins le 2 juin 1793 ».

Conçue en 1830 par l'architecte
Jules de Joly, à qui l'on doit également l'hémicycle
et les trois salons attenants, la bibliothèque est célèbre
pour ses plafonds peints par Eugène
Delacroix entre 1838 et 1847.
A chaque cul-de-four, les deux grandes peintures représentent
respectivement Orphée, porteur d'avenir, enseignant aux Grecs
les arts de la paix, et Attila, porteur de mort, ravageant l'Italie
et les arts. Les cinq coupoles rappellent les classifications adoptées
dans les bibliothèques et illustrent les activités de
l'esprit : la législation au centre, la philosophie et la théologie
de part et d'autre, la science et la poésie aux extrémités.
Riche de 700 000 volumes, dont 70 000 dans cette salle même,
la bibliothèque possède des pièces rares comme
l'exemplaire original du procès de Jeanne d'Arc (celui de l'évêque
Cauchon), le manuscrit de la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques
Rousseau, un manuscrit illustré aztèque, une Constitution
annotée par Maximilien Robespierre, etc ...
Lieu de travail pour les députés, les fonctionnaires de
l'Assemblée et les collaborateurs des groupes ou des députés,
la bibliothèque est ouverte, sur autorisation, aux chercheurs
spécialisés.

Construite par Jules de Joly à
l'emplacement de la salle à manger du Prince de Condé,
elle a été décorée en 1839 par François-Joseph
Heim. La cheminée d'Antonin Moine est surmontée d'un buste
de la République de Clésinger. Deux tapisseries illustrent
des épisodes de l'Illiade : l'une, « Briséis rendue à
Achille », a été tissée à Bruxelles d'après
des cartons de Rubens, l'autre, « la colère d'Achille », est un
excellent exemple des productions de la Manufacture des Gobelins au XVIIIe siècle. La décoration de la salle est
complétée par cinq tableaux, représentants
le Président Molé pendant la Fronde, Thiers proclamé
libérateur du territoire, les portraits d'Aristide Briand, de
Léon Gambetta et d'Henri Brisson, une
statue d'Henri IV, réplique en plâtre du bronze du sculpteur Raggi
et quatre bustes de Alphonse de Lamartine, Dupont de l'Eure,
Louis-Eugène Cavaignac et Ernest Picard.
Dans cette salle, lieu de lecture et de correspondance réservé
aux parlementaires, se trouve le « piano », meuble constitué de
casiers au nom des députés qui peuvent ainsi y trouver
leurs messages.
COULOIR DE LIAISON JOUXTANT LA SALLE DES SÉANCES
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L'accès aux deux entrées de
l'hémicycle se fait par ce couloir qui, longeant les salons Pujol,
Casimir Perier et Delacroix, relie la Salle des Conférence
à la Salle des Pas perdus.
Autour de l'entrée gauche de
l'hémicycle sont accrochés, un tableau de 1849 intitulé La Marseillaise
et représentant Rouget de l'Isle chantant pour la première fois la
Marseillaise chez Dietrich, Maire de Strasbourg, et trois figures et
allégories de la République dont deux sont signées de Thomas Couture
(1815-1879) et d'Hippolyte Flandrin (1809-1864).
L'entrée droite de
l'hémicycle est encadrée par une allégorie de la République de Pierre
Nicolas Legrand de Lérant (1758-1829) qui figurerait la
République écrasant les privilèges ou le triomphe de la déesse Raison
et un portrait, peint par Jean-Louis Laneuville en 1798, de Jean-Baptiste
Desmolin (1751-1843), député du Gers et membre du Conseil des Cinq-Cents, en costume officiel de député dessiné par David.
LA SALLE DES SÉANCES OU L'HÉMICYCLE

Construite entre 1828 et 1832 par Jules
de Joly, l'actuelle salle des Séances remplace le premier hémicycle
conçu par Gisors et Leconte pour le Conseil des Cinq-Cents. Jules
de Joly conservera le parti d'origine en maintenant un plan en hémicycle
ainsi que les colonnades. Le fauteuil du Président, décoré
par Lemot et Michallon, ainsi que le
bas-relief de la tribune de l'orateur,
dû également à Lemot, datent du Conseil des Cinq-Cents.
L'Histoire y est représentée écrivant les hauts
faits proclamés par la Renommée. La tapisserie a été
tissée aux Gobelins d'après une fresque de Raphaël,
« L'École d'Athènes », que l'on peut voir au Vatican.
Dans les niches,
deux statues de Pradier représentent
la liberté et l'ordre public. Chacun des 577 députés
a son siège numéroté dans les travées aux
côtés de ses collègues membres du groupe politique
auquel il appartient, à la gauche ou à la droite du Président
selon les groupes. Devant chaque place de député se trouve
le petit clavier de commande du vote électronique. Les deux premiers
rangs des deux travées centrales accueillent les membres du Gouvernement,
accompagnés, lors des débats techniques, de leurs collaborateurs
(les commissaires du Gouvernement).
LA SALLE EMPIRE ET LA SALLE DES GARDES
Dirigeons-nous, à présent, vers la salle Empire et la salle des
Gardes....
La salle Empire, en réalité
le salon de l'Empereur, date de la construction de la façade
monumentale. Napoléon y revêtait les insignes impériaux
avant la séance d'ouverture de la session. Par la suite, seul
Louis XVIII l'utilisa plusieurs fois à l'occasion du même
événement.
Les peintures « indiquant les victoires remportées » ont été
restaurées en 1970. Cette salle est désormais affectée
aux journalistes parlementaires.
La salle des Gardes ou « Fosse aux lions » a perdu tout son décor d'origine. Elle abrite cependant deux
tableaux qui ornaient l'ancienne salle des Conférences : la mort
de Socrate par Peyron, Oedipe et Antigone par Thévenin.
La chasse aux lions par Andrieu est une copie d'un tableau de Delacroix.
Sainte-Clotilde demande à Dieu la guérison de son fils
par Duvidal de Montferrier est un bel exemple de la peinture troubadour.
Le degré de 29 marches, conçu non seulement pour donner
à la façade « un style noble », mais aussi pour la rendre
visible de la place de la Concorde au-dessus du pont, constituait l'entrée
solennelle et principale de l'Assemblée. Cet accès fut
peu à peu abandonné après la Révolution
de 1848 quand les grilles furent posées, mais celles-ci n'empêchèrent
pas les citoyens de manifester leur joie lors de la proclamation de
la République le 4 septembre 1870.
L'Assemblée nationale vous remercie de votre visite et espère vous accueillir prochainement.
Voir aussi :
L'histoire du Palais Bourbon et de l'Hôtel de Lassay
Les peintures de Delacroix dans le salon du roi